Sazbbat des sorcières d'Ellezelles 2006
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Le Sabbat d’Ellezelles
de Jacques Vandewattyne

1972 – 1992
20 années endiablées au « Mareû à Chorchîles »

« Diable au Paradis », Jacques Vandewattyne restera pour longtemps le créateur de génie qui a donné une âme au Pays des Collines et l’a fait connaître bien au-delà de ses limites boisées. Ce terroir inspire sa production foisonnante de peintre, sculpteur, écrivain, folkloriste, dessinateur, metteur en scène ou marionnettiste. Derrière cet artiste prolifique se dévoile un homme au sourire généreux, aux propos teintés d’humour, un visionnaire au naturel modeste, à l’esprit farceur. Ses aspirations artistiques sont exprimées dans le « Manifeste du Folk-Art » qu’il lance en 1974 :
« Le Folk-art n’est pas une technique mais une attitude artistique fortement teintée de régionalisme. Il œuvre à la mise en valeur et à la transmission des traditions populaires dans tous les domaines artistique (…) L’homme doit garder ses racines, savoir d’où il est, faire connaître sa région, en rendre ses concitoyens fiers mais aussi disponibles pour en prendre la défense et construire l’avenir en s’inspirant de son passé (…) » Dans cette optique, « Watkyne », pseudonyme de J. Vandewattyne s’attache particulièrement à l’histoire locale, la défense des monuments et sites, l’organisation de manifestations favorisant le développement du tourisme local : la Foire aux Artisans, le lancement du Musée Vivant de La Hamaide et le Sabbat des Sorcières. Divers bas-reliefs et sculptures évoquant le Pays des Collines et ses traditions folkloriques se laissent admirer en maints endroits du village d’Ellezelles. Mais ce qui intrigue assurément le promeneur, ce sont ces statues de diable, sorcières, verts boucs, nutons… qui évoluent le long du «Sentier de l’Etrange », parcours où se côtoient ainsi nature et fantastique ; ce sont aussi ces sculptures insolites qui envahissent la brousse de son « Jardin des Pierres ». Evoquons encore d’autres personnages sortis de son imagination débordante : Les Jâkes, Hercule Poirot, né à Ellezelles ( ?) , Eul Pichoûre, Quintine, Eul Saisi… Dans le domaine pictural, on ne compte plus les réalisations et expositions qui ont jalonné sa longue et féconde carrière, invitant même le monde politique et artistique à accompagner « L’ Entrée du Diable à Paris ». L’ artiste s’en est allé en juin 1999, à la veille de son cher Sabbat des Sorcières, fête folklorique qui a largement contribué au renon de la commune d’Ellezelles.
Depuis 1997, une asbl « Les Amis de Watkyne » a été créée dans le but de protéger les œuvres de Watkyne.

C’est précisément en s’intéressant au passé de sa localité que lui vient l’idée d’un Sabbat de Sorcières. Son attention et celle d’un groupe d’élèves de l’Athénée Royal d’Anvaing est attirée par une butte située au hameau de la Place à l’Aulnoit à Ellezelles. Croyant être en présence d’un tumulus ou peut-être du lieu de justice du château d’Hubermont qui s’élevait jadis non loin du site, Jacques Vandewattyne entreprend des fouilles mais aucun vestige n’est découvert. Le sol est donc vierge, la butte de formation naturelle. Pourtant, la végétation du monticule semble différente de celle de la prairie qui l’entoure. Les langues se délient alors : « I n’a jamais rî poussé su ceul butte là pac’queu c’eut l’Mareû à Chorchîles(sorcières). » Un document relatif à l’exécution de cinq sorcières à Ellezelles en 1610 est découvert aux Archives Générales du Royaume à Bruxelles. Par ailleurs, les comptes du bailliage de Flobecq et de Lessines, de mars 1610 à 1612, font état des frais de procédure et de jugement pour cinq procès qui eurent lieu à Ellezelles en 1610. L’idée d’un Sabbat germe lentement et le samedi 1er Juillet 1972 a lieu la première manifestation sur ce thème.
Durant 20 années, le fête se déroule d’abord au centre du village puis sur la butte mystérieuse. Dès la fin de l’après-midi commencent les festivités. Les « Chorchîles » animent la grand place eu son des fanfares locales ; leurs consoeurs, « Macrâles de Haccourt » entraînent le public dans des rondes ou « cramignons ». Avant d’être reçus par les Autorités Communales, les nouveaux Chevaliers de l’Ordre du Ramon sont intronisés au cours d’une cérémonie initiatique présidée par les Maîtres du Conseil et le Diable en personne. L’Ordre du Ramon récompense chaque année celles et ceux qui oeuvrent à la mise en valeur de la région des Collines. C’est aussi un ordre gastronomique qui veille au maintien de la qualité de la bière artisanale et de la tarte à mâton, spécialités régionales.

Du haut du balcon de la maison communale a lieu ensuite le jet des sortilèges. Tous les personnages du Sabbat sont là : les sorcières, Quintine, la géante, le loup-garou , les grosses têtes, les verts boucs, les Paysans de la Place à l’Aulnoit, le berger-musicien… Ensemble, avec le public, ils montent au Sabbat, 3 km à pied, par de petites routes de campagne. Sur la butte du Mareû, le diable prépare le philtre magique.
Les sorcières arrivent au rendez-vous, exécutent leurs danses, racontent leurs méfaits et Lucifer donne ses instructions. Soudain, des hurlements sont poussés ; les paysans du hameau réussissent à attraper une mégère. Sur un char attelé d’un cheval et d’un bœuf, la Chorchîle ligotée est amenée au lieu du supplice ; un bûcher est formé, elle périt par la corde et par le feu. Les flammes allument les rires et font briller les yeux. C’est alors la fête jusqu’aux petites heures.

1992-1995 : « La bêtise humaine » à l’Ancienne Cure

 

En 1992, Watkyne a mauvaise conscience et veut procéder à une sorte de réhabilitation de la sorcière ! Il change de formule : «On ne brûlera plus de sorcières à Ellezelles ! Nous optons pour la Fête des Sorcières et nous proposons un lieu nouveau, le Parc de l’Ancienne Cure, sur une nouvelle butte ».

Le Sabbat est ainsi d’une autre conception et s’enrichit de quelques trouvailles originales : cabane du conteur, tambours…  La fête se déroule aussi sur un site pittoresque, «Le Botanique », peuplé de statues étranges et grimaçantes renforçant le caractère insolite de l’Ancienne Cure…  Enfin, au lieu de brûler une sorcière, il est décidé de condamner et jeter au feu « La Bêtise Humaine » symbolisant les grandes questions de notre temps : drogue, racisme, barbarie…

Dans le parc s’élèvent aujourd’hui le nouveau centre administratif et le hall technique.

Centre d'Ellezelles

1996- 2008 : La renaissance dans la tradition à l’Aulnoit

                                                  Après avoir convié ses mégères durant 23 années.  Jacques Vandewattyne propose à Christian Pieman et Vincent Decouttere, de perpétuer l’organisation du Sabbat des sorcières. 

Avec la collaboration précieuse d’un comité très actif et d’Hubert Jâke Van Reckem, l’éternel complice de Watkyne, ils peaufinent une fête haute en couleurs et un spectacle qui s’inscrit dans la lignée fantastique et est l’événement à ne pas manquer au solstice d’été.

                                                  L’après-midi, un guide entraîne le public dans un  voyage de fables et légendes le long du « Sentier de l’Etrange ».  La Grand Place et les rues du centre du village, mystérieusement décorées, s’animent particulièrement avec l’arrivée des sorcières à 17 h 30.  De nouvelles créatures sabbatiques telles l’intrigante Malfada  invitent les participants à la fête.  Théâtre de rue et reconstitution d’un procès de sorcellerie sur le parvis de l’église sont d’autres innovations.  Après l’intronisation des Chevaliers du Ramon et le jet des sortilèges, « Chorchîles » et spectateurs rejoignent par des routes champêtres le « Mareu », retour aux sources très apprécié.

                                                  Le Sabbat nocturne, à 22 h 30, s’est enrichi de nouvelles créations : des tableaux théâtraux ou chorégraphies intégrant personnages historiques et imaginaires se sont ajoutés aux scènes initiales.  Le rendez-vous avec « Eul Diâle » s’est mué en un véritable spectacle son et lumières incrustant des effets spéciaux inédits dans la mise en scène.  Laissez-vous envoûter et entrez dans la féerie sabbatique.
                                                  Comme un souffle suspendu, la nuit attend l’arrivée des sorcières.  Au-dessus d’un feu, un chaudron fume… Dans un éclair, le diable apparaît ; son rire ponctue le crépitement des bûches.  Vêtues de robes noires et de fichus dissimulant à peine leurs visages, tenant dans la main un « ramon », les sorcières s’avancent sur la butte.  Le ciel s’illumine de rouge, de vert, de jaune… que dominent des langues de feu.  Avec le Loup-Garou, les sorcières ensorcèlent le public, l’invitant à reprendre leur célèbre incantation :

« Houp,houp, riki,rikète,
Pad’zeûr lès haies et lès bouchons,
Vole au diâle et co pus long ! »

Balade sur le sentier de l'étrange

 

Réunies autour du maître, elles évoluent alors dans une ronde fantastique.  Quelques sorcières lui font rapport des méfaits malicieux qu’elles ont accomplis durant l’année.  Belzébuth laisse éclater sa joie, les récompenses d’une louche de philtre magique puis leur emboîte le pas dans une danse de lumières au cours de laquelle il choisit sa compagne, la reine du Sabbat.  Il s’enflamme amoureusement pour elle…

Toutes les sorcières – et le public – sont alors invités à partager le repas sabbatique.

Des coups de tonnerre interrompent le festin…  Formant un cercle autour de la butte, des Paysans, fourches en avant se précipitent sur les sorcières ; l’une d’entre elles est capturée et emmenée…  Un halo blafard se glisse dans le pré.  Jetant son suaire, la Mort apparaît, entamant un superbe ballet avec la vie, sentant proche l’heure de son office…

Roulement de tambour, musique grandiose…  La  sorcière, dans une cage que portent ses bourreaux, remonte lentement sur la butte.

Grand seigneur, paysans, juges et moines veillent farouchement sur leur prisonnière.  Des gerbes de feu précèdent le cortège.  L’heure du jugement a sonné pour la compagne de Lucifer…

Déjà la musique se fait joyeuse, de grand éclairs jaillissent dans le ciel ; celui-ci se pare des mille lumières du feu d’artifice de la victoire du bien sur le mal.  Le public est invité à danser autour de la butte.

Tartes à mâton, pains cuits au bois, saucisses grillées par les ‘Paysans de la Place à l’Aulnoit ‘, bière ‘Quintine’ et ‘Tockay du Diable’ accompagnent la fête dans la nuit ensorcelée…

Depuis juin 2000, un Centre d’Interprétation Touristique est ouvert au public à Ellezelles.  Le parcours spectacle plonge le visiteur dans l’univers cher à Jacques Vandewattyne, « Les contes et légendes ».

 

2009-2013 : … Retour à l’Agora

En 2009, les sorcières quittent le « Mareu » de l’Aulnoit pour une renaissance au centre de la localité, le folklore est en gestation et prépare une nouvelle mouture pour ce grand évènement du solstice d’été. Le 26 juin 2010 sera commémoré les 400 ans de la disparition de ces malheureuses femmes en 1610 à Ellezelles.
Le Sabbat se déroule à proximité du site St Mortier au centre de la localité

2014  … le renouveau !

Grace à la précieuse collaboration de l’administration communale en place (2014), le collège échevinal décide d’acquérir un terrain vallonné au hameau de « Camp et Haie ».  Une situation et un panorama exceptionnel sur le pays des collines servent à présent de décors au fameux Sabbat des Sorcières d’Ellezelles
Situé à 2.8 km du centre d’Ellezelles ce nouveau terrain verra le retour de la balade initiatique (pour se rendre au sabbat) tant attendue par le public.
Ce terrain est également destiné à d’autres activités en collaboration avec le Parc Naturel du Pays des Collines et le Centre Culturel Régional.

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Le Chaudron du diable
Panorama du Chaudron du diable, le nouveau site du sabbat des sorcières, vu d'en haut

Le Chaudron du diable
Panorama du Chaudron du diable, le nouveau site du sabbat des sorcières, vu d'en bas