Sazbbat des sorcières d'Ellezelles 2006
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Version endiablée du concours Reine Élizabeth, pagaille dans les sondages électoraux : les sorcières racontent leurs méfaits de l'année au diable.

Courrier de L'Escaut Fanny GEERAERTS

Verts Boucs Après avoir entendu à maintes reprises le tube ce week-end et dans un moment de confusion dû à l'arrivée du Malin, les milliers de spectateurs du Sabbat pouvaient croire à un remix de la célèbre Thriller Night, ce samedi soir à Ellezelles. « Il est près de minuit et le Mal menace dans l'ombre/ Sous le clair de lune, tu vois un regard qui te glace le coeur /... » Alors que le Roi de la Pop avait cédé la place au Prince des Ténèbres, les morts-vivants et zombies abandonnaient la leur aux terribles chorchîles des Collines et à leur bourrique de verts-boucs. Le Loup-Garou était pour sa part fidèle au rendez-vous.

Sous un ciel vert de rage et une prairie rouge de colère mais surtout noire de monde, Méfisto fait son entrée fracassante au 38e Sabbat ellezellois, suivi de près par ses maîtresses de sorcières. Après les traditionnelles taquineries du public et la mythique danse de « l'Apprenti Sorcier », les vilaines confirment à leur Maître qu'elles ont « co sté fôrt michantes » durant l'année écoulée. Et en effet, l'intervention des sorcières explique bien de récentes infortunes tant dans leur terre natale qu'ailleurs en Belgique. Ainsi ce sont elles qui ont semé la pagaille dans la campagne électorale en jouant au lotto avec les chiffres des sondages. Loin d'être au bout de ses surprises, le public apprend également que si le sabbat a été déplacé cette année, c'est que la place à l'Aulnoit serait un haut lieu de contagion de la grippe mexicaine, comme en témoignent les masques portés par des sorcières égarées.

Voilà qui explique la nouvelle défaite d'Anderlecht, dont l'entraîneur avait justement choisi cet endroit pour entraîner ses joueuses aux tirs au but. S'en suit un concours Reine Elizabeth, version endiablée, où se mêlent accordéon, trompette, grosse caisse et même cornemuse. Ces deux derniers instruments étaient joués par la Flamande Grossecaissineke, confondant à tout moment la tête du malheureux loup-garou avec son bruyant instrument, et une étrange sorcière en kilt baptisée Ecossine, portée sur le Whisky. La troisième anecdote, plus locale, signait le retour du bestiaire fantastique dans le spectacle nocturne.

À dos de Verts-Boucs, animaux volants plus rapides que les balais, paraît-il, trois sorcières racontent les méfaits commis par leur monture chez diverses personnalités de la région.

Figées en plein repas

Les sorcières font place aux danseuses du cours de la Ligue des Familles d'Ellezelles avant de se retrouver pour le repas sabbatique.

Les mégères sont alors figées sur place par l'arrivée de la Milice bourgeoise, précédée de son chef sur son destrier, venue arrêter la responsable de cette cérémonie diabolique. Quintine et ses consoeurs tenteront vainement de plaider l'innocence mais les juges ne sont pas dupes : les sorcières sont condamnées à la peine capitale ! Après la danse de « La mort fauchant la vie », interprétée par des élèves de l'Académie de Mons dans un flot d'effets pyrotechniques, cinq maîtresses du diable sont jugées sous les yeux des spectateurs.

Sorcières, juges, moines et bourreaux se retirent, tandis que les arquebusiers se mettent en place pour clôturer le Sabbat d'une salve de coups de feu. Le feu d'artifice illumine le ciel, célébrant une fois de plus la victoire du bien sûr le mal. Cette nouvelle formule sabbatique semble décidément avoir ensorcelé son public, toujours plus nombreux.

 

Publié en 2009 avec l'aimable autorisation de Fanny Geeraerts